{"id":21640,"date":"2026-04-01T11:06:45","date_gmt":"2026-04-01T09:06:45","guid":{"rendered":"https:\/\/kcoa-africa.org\/?p=21640"},"modified":"2026-04-01T11:06:48","modified_gmt":"2026-04-01T09:06:48","slug":"cameroun-maryam-adja-leleveuse-qui-fait-de-lagroecologie-une-question-dheritage-et-de-survie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kcoa-africa.org\/fr\/cameroun-maryam-adja-leleveuse-qui-fait-de-lagroecologie-une-question-dheritage-et-de-survie\/","title":{"rendered":"Cameroun : Maryam Adja, l\u2019\u00e9leveuse qui fait de l\u2019agro\u00e9cologie une question d\u2019h\u00e9ritage et de survie"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: justify\"><em>Dans son exploitation, Maryam fait revivre le savoir-faire ancestral de ses parents en \u00e9levant des moutons sans user des intrants chimiques. L\u2019agro\u00e9cologie est son arme pour l\u2019autonomisation de ses cong\u00e9n\u00e8res dans la r\u00e9gion du Centre au Cameroun.<\/em><!--more--><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify\">Son enclos est le lieu o\u00f9 elle d\u00e9fie les pr\u00e9jug\u00e9s et les difficult\u00e9s, un petit espace o\u00f9 elle prouve la force et la r\u00e9silience des femmes Mbororo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Sur un espace d\u2019\u00e0 peine cinq m\u00e8tres carr\u00e9s, le soleil couchant caresse un petit troupeau. Sous la lumi\u00e8re dor\u00e9e de la fin de journ\u00e9e, se d\u00e9tachent des silhouettes de moutons qui b\u00ealent doucement, entour\u00e9s d\u2019un parfum m\u00ealant l\u2019odeur de la terre, des crottes de mouton et celle du fourrage hydroponique plac\u00e9 dans un r\u00e9cipient en plastique recycl\u00e9. Une t\u00f4le us\u00e9e sert d\u2019abri aux moutons contre les intemp\u00e9ries.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est ici que Maryam Adja, 45 ans, mari\u00e9e et m\u00e8re de cinq enfants, donne vie \u00e0 sa vision, non seulement pour nourrir sa famille, mais aussi pour prouver la force et l\u2019autonomie des femmes Mbororo, souvent marginalis\u00e9es. Son \u00e9levage, loin des m\u00e9thodes conventionnelles, s\u2019inscrit dans une d\u00e9marche agro\u00e9cologique qui est \u00e0 la fois une affaire de convictions et de pragmatisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Un choix de vie et une question de survie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour Maryam, le choix de l\u2019\u00e9levage agro\u00e9cologique a \u00e9t\u00e9 une \u00e9vidence. Apr\u00e8s avoir suivi les formations du SAILD, elle a \u00e9t\u00e9 convaincue par la simplicit\u00e9 et la rentabilit\u00e9 du mod\u00e8le. Elle y a vu une solution \u00e0 la fois \u00e9conomique et saine. \u00ab Le co\u00fbt d\u2019\u00e9levage \u00a0me revient moins cher par t\u00eate \u00bb, explique-t-elle, insistant sur le fait qu\u2019elle \u00ab n\u2019a pas besoin de d\u00e9penser beaucoup d\u2019argent qu\u2019elle n\u2019a d\u2019ailleurs pas \u00bb car elle fabrique elle-m\u00eame l\u2019aliment de ses b\u00eates. Cette approche lui permet d\u2019atteindre un rendement \u00e9lev\u00e9, tout en utilisant des produits qu\u2019elle trouve dans son environnement, ce qui, selon elle, rend l\u2019activit\u00e9 tr\u00e8s rentable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dans son quotidien, Maryam m\u00e8ne son \u00e9levage avec une rigueur et une passion palpables. Une journ\u00e9e typique commence d\u00e8s l\u2019aube : elle nourrit ses moutons avec des herbes (sissongo que les enfants vont couper dans le voisinage), puis leur donne le fourrage de ma\u00efs (fourrage hydroponique) avec de l\u2019eau \u00e0 l\u2019heure du d\u00e9jeuner. Le soir, elle nettoie m\u00e9ticuleusement l\u2019enclos. C\u2019est une routine exigeante, mais qu\u2019elle m\u00e8ne avec un plaisir \u00e9vident, un h\u00e9ritage familial. \u00ab C\u2019est un moment plaisant, d\u2019autant plus que je suis n\u00e9e dans \u00e7a. Mes parents et anc\u00eatres sont pass\u00e9s par l\u00e0 et \u00e0 mon tour je trouve cette activit\u00e9 tr\u00e8s pratique \u00bb, confie-t-elle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019aspect agro\u00e9cologique est au c\u0153ur de sa gestion. Pour faire face aux al\u00e9as climatiques, comme la s\u00e9cheresse, elle a adopt\u00e9 une solution ing\u00e9nieuse : l\u2019utilisation du fourrage hydroponique. Cette technique, qu\u2019elle ma\u00eetrise, lui assure une autonomie totale et une alimentation saine et r\u00e9guli\u00e8re pour ses b\u00eates, sans d\u00e9pendre des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Maryam a su int\u00e9grer sa famille \u00e0 son projet, faisant de l\u2019\u00e9levage une affaire de partage et de transmission. Elle forme ses enfants aux pratiques de l\u2019\u00e9levage agro\u00e9cologique, les impliquant dans les t\u00e2ches quotidiennes. Cette harmonie entre vie professionnelle et vie personnelle est, pour elle, un v\u00e9ritable atout : \u00ab Pendant que je fais le m\u00e9nage, ils s\u2019occupent des b\u00eates et vice versa \u00bb. Cette synergie familiale est une source de soutien inestimable face aux d\u00e9fis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Passer de 50 \u00e0 500 t\u00eates<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Malgr\u00e9 sa d\u00e9termination, Mariam rencontre des difficult\u00e9s, notamment logistiques, avoir un enclos plus grand pour faire face \u00e0 ses ambitions d\u2019expansion. Mais le plus grand obstacle pour elle, reste le rassemblement des fonds pour sa\u00a0<strong>coop\u00e9rative<\/strong>\u00a0en projet, dont l\u2019objectif est d\u2019aider les femmes Mbororo \u00e0 s\u2019autonomiser.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le d\u00e9fi ici a \u00e9t\u00e9 de convaincre ses cons\u0153urs de se joindre \u00e0 elle. Partir de seulement trois femmes pour arriver \u00e0 une cinquantaine de membres dynamiques est, pour elle, une victoire majeure, car elle prouve que la sensibilisation peut briser les barri\u00e8res. Elle a d\u2019ailleurs accentu\u00e9 la sensibilisation \u00e0 l\u2019attention des femmes qu\u2019elle a invit\u00e9es lors de la journ\u00e9e de partage de connaissances qu\u2019elle a organis\u00e9e en ao\u00fbt 2025 avec l\u2019appui du Service d\u2019Appui aux Initiatives Locales de D\u00e9veloppement (SAILD) Cameroun, dans le cadre du P\u00f4le de Connaissances pour l\u2019Agriculture Biologique et l\u2019Agro\u00e9cologie\u00a0en Afrique Centrale (PCAC) au sein du projet Centre de Connaissances pour l\u2019Agriculture Biologique et l\u2019Agro\u00e9cologie\u00a0en Afrique (CCAB).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La vente de ses b\u00eates se concentre lors des f\u00eates religieuses comme la Tabaski et le Ramadan. Les prix ne sont pas fixes et d\u00e9pendent de la taille de l\u2019animal, oscillant entre 45.000 et 200.000 FCFA. Son principal march\u00e9 est local, notamment au \u00ab\u00a0march\u00e9 huiti\u00e8me\u00a0\u00bb o\u00f9 ses produits sont pris\u00e9s par les m\u00e9nag\u00e8res, certaines venant m\u00eame les acheter directement \u00e0 son domicile. Elle se souvient d\u2019une cliente qui voulait un mouton \u00e0 30.000 FCFA, alors qu\u2019elle le vendait \u00e0 50.000. Apr\u00e8s une longue n\u00e9gociation, la cliente a fini par repartir avec l\u2019animal pour 45.000 FCFA, une transaction qui incarne bien son esprit de n\u00e9gociation et son d\u00e9sir de relation \u00ab\u00a0gagnant-gagnant\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Son r\u00eave pour les prochaines ann\u00e9es va bien au-del\u00e0 de la simple vente. Son objectif, d\u2019ici deux ans avec sa coop\u00e9rative est de passer de 50 \u00e0 500 t\u00eates, voire 1000. Elle veut qu\u2019en arrivant au march\u00e9, on puisse dire \u00ab\u00e7a c\u2019est le mouton agro\u00e9cologique de Maryam\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Maryam Adja est un mod\u00e8le d\u2019entrepreneuriat au f\u00e9minin. Son v\u0153u est que le gouvernement n\u2019oublie pas les femmes Mbororo, souvent marginalis\u00e9es et stigmatis\u00e9es. Pour elle, leur \u00e9panouissement passe par la mise en valeur de leur savoir-faire ancestral, l\u2019\u00e9levage, mais un \u00e9levage moderne et sain. \u00ab Nous nous sommes engag\u00e9es dans la lutte pour un \u00e9levage sain\u00bb, clame-t-elle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Son parcours est un plaidoyer pour l\u2019autonomisation des femmes. Elle prouve que, face aux difficult\u00e9s, la r\u00e9silience, la passion et une vision claire peuvent faire des miracles. Maryam Adja a su transformer un petit enclos en un lieu d\u2019espoir et de promesses pour un avenir meilleur pour elle et pour sa communaut\u00e9 Mbroro.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Jean Kana<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 travers son \u00e9levage agro\u00e9cologique de moutons, Maryam Adja, femme Mbororo form\u00e9e par le SAILD, fait de son petit enclos un symbole d\u2019autonomie, de r\u00e9silience et de leadership f\u00e9minin. Son ambition : d\u00e9velopper une coop\u00e9rative et faire rayonner un \u00e9levage sain au service des femmes de sa communaut\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":399,"featured_media":21641,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[117],"tags":[411,742,743],"class_list":["post-21640","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-exemples-de-reussites","tag-agroecologie","tag-autonomisation","tag-mbororo"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/kcoa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21640","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/kcoa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/kcoa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/kcoa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/399"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/kcoa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21640"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/kcoa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21640\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21646,"href":"https:\/\/kcoa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21640\/revisions\/21646"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/kcoa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21641"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/kcoa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21640"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/kcoa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21640"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/kcoa-africa.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21640"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}