Face aux pertes post-récolte provoquées par les insectes ravageurs, les producteurs redécouvrent les vertus de la poudre de tabac pour protéger leurs stocks de semences. Une solution simple, accessible et issue des ressources locales.
La conservation des semences constitue l’un des maillons essentiels de la sécurité alimentaire. Pourtant, dans de nombreuses exploitations familiales, une partie importante des graines stockées est régulièrement détruite par les charançons et autres insectes ravageurs. Pour limiter ces pertes, certains producteurs se tournent vers une méthode traditionnelle basée sur l’utilisation de la poudre de tabac. Cette technique consiste à transformer les feuilles séchées de tabac en une fine poudre utilisée comme insectifuge naturel pour la conservation des graines post-récolte.
Le procédé est relativement simple. Après la récolte, les feuilles mûres de tabac sont séchées à l’ombre dans un espace bien ventilé avant d’être broyées à l’aide d’un mortier ou d’un moulin afin d’obtenir une poudre fine. Cette dernière est ensuite mélangée aux graines destinées au stockage.
Selon les recommandations techniques, une cuillère à soupe de poudre de tabac suffit pour traiter environ 20 kilogrammes de graines. Les semences sont ensuite conservées dans des sacs résistants ou des contenants hermétiques placés dans un endroit sec. Un suivi régulier permet de s’assurer de l’efficacité du traitement et de la bonne conservation des stocks.
L’intérêt de cette méthode réside principalement dans sa capacité à réduire les dégâts causés par les coléoptères, notamment les charançons, qui figurent parmi les principaux ennemis des stocks de semences. La nicotine présente naturellement dans les feuilles de tabac agit comme répulsif et contribue à protéger les graines contre les attaques d’insectes.
Pour les producteurs, cette solution présente plusieurs avantages. Elle est accessible, peu coûteuse et repose sur des ressources disponibles localement. Elle constitue ainsi une alternative intéressante pour les exploitations familiales qui disposent de moyens limités pour la protection de leurs récoltes.
Toutefois, les spécialistes recommandent certaines précautions lors de sa manipulation. Le broyage et l’utilisation de la poudre doivent obligatoirement porter des gants et des masques afin d’éviter les risques respiratoires ou les malaises liés à l’exposition à la nicotine. Par ailleurs, cette pratique n’est pas autorisée dans certains cahiers de charges de l’agriculture biologique.
À l’heure où la préservation des semences devient un enjeu majeur pour les exploitations familiales, la poudre de tabac apparaît comme une solution locale capable de contribuer à la réduction des pertes post-récolte. Une technique simple qui illustre l’importance des savoirs agricoles adaptés aux réalités des producteurs et à la valorisation des ressources disponibles dans les terroirs.
Cliquez sur le lien pour avoir plus d’informations : https://kcoa-africa.org/wp-content/uploads/2026/06/Utilisation-de-la-Poudre-de-Tabac-pour-la-Conservation-des-Graines-4.pdf
Author: marguerite MOMHA
Je suis passionnée par la création de reportages percutants. De la recherche d'informations à la réalisation d'interviews captivantes, chaque étape est un défi stimulant. J'aime particulièrement l'art de la photographie et son pouvoir de raconter des histoires. L'écriture journalistique me permet de donner une voix aux sujets importants. Explorer de nouveaux horizons et partager des expériences humaines authentiques est ma vocation


