Blog Afrique sur l'Agriculture Biologique

Ferme pilote de Mvog-Eboa : comment YENE Zacharie transforme les connaissances en solutions agricoles durables ?

YENE entrain d'appliquer le biofertilisant sur ses cultures

YENE entrain d'appliquer le biofertilisant sur ses cultures

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Initiée par YENE Zacharie après les formations reçues auprès d’INADES-Formation Cameroun dans le cadre du Pôle de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique Centrale (PCAC), la ferme-école accueille aujourd’hui des dizaines de producteurs venus apprendre, expérimenter et repartir avec des solutions agroécologiques adaptées à leurs réalités.

Ici, les champs ne produisent pas seulement des récoltes. Ils produisent aussi des connaissances. Au milieu des parcelles soigneusement entretenues, des producteurs observent, prennent des notes, manipulent des équipements et échangent autour des techniques agroécologiques. Cette scène est devenue familière dans la ferme-école de YENE Zacharie, multiplicateur accompagné par INADES-Formation Cameroun, qui a fait de son exploitation un véritable espace de démonstration, d’innovation et de transmission des savoirs.

Ce qui n’était au départ qu’une exploitation familiale s’est progressivement transformé en un centre de référence où les producteurs viennent découvrir qu’il est possible de produire davantage tout en respectant les équilibres naturels.

Une idée née d’une formation

L’histoire de cette ferme-école commence lors des formations organisées par INADES-Formation Cameroun dans le cadre du Pôle de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique Centrale (PCAC). En découvrant les principes de l’agroécologie, la fabrication des biofertilisants, les techniques de valorisation des ressources locales et les approches de démonstration communautaire, YENE Zacharie comprend rapidement que les connaissances acquièrent toute leur valeur lorsqu’elles sont partagées.

Plutôt que de conserver ces acquis pour sa seule exploitation, il décide de créer un espace où les producteurs pourraient apprendre directement sur le terrain. Ainsi naît la ferme-école de Mvog-Eboa.

À première vue, la ferme ressemble à une exploitation agricole ordinaire. Mais chaque espace a une vocation pédagogique. Les visiteurs découvrent d’abord les biofertilisants que YENE Zacharie fabrique lui-même à partir de matières organiques disponibles localement. Ces intrants biologiques, élaborés selon les techniques acquises lors des formations, permettent de restaurer la fertilité des sols, de stimuler la croissance des cultures et de réduire le recours aux engrais chimiques.

Chaque séance de démonstration est l’occasion d’expliquer les procédés de fabrication, les doses d’utilisation et les résultats observés sur les cultures.

Pour de nombreux producteurs, ces techniques représentent une alternative accessible face au coût croissant des intrants de synthèse.

Autre particularité de la ferme : les bacs d’élevage des hannetons, qui suscitent systématiquement la curiosité des visiteurs. Ces installations servent de supports pratiques lors des formations. Les producteurs peuvent observer les différentes étapes du processus, comprendre leur intérêt dans les systèmes agroécologiques et échanger directement avec YENE Zacharie sur les méthodes de gestion et de valorisation de cette innovation.

Cette approche pédagogique fondée sur la démonstration facilite l’appropriation des techniques et renforce la confiance des producteurs dans les solutions agroécologiques.

La ferme-école de Mvog-Eboa est aujourd’hui devenue un véritable centre communautaire d’apprentissage. Régulièrement, des agriculteurs, des jeunes entrepreneurs, des organisations paysannes et des porteurs d’initiatives y participent à des formations théoriques et pratiques.

Ici, les salles de classe sont remplacées par les parcelles de démonstration. Les leçons s’appuient sur les observations de terrain, les essais et les échanges d’expériences.

Les visiteurs repartent non seulement avec de nouvelles compétences, mais également avec des biofertilisants produits sur place, qu’ils peuvent tester dans leurs propres exploitations avant de reproduire les techniques chez eux.

Cette approche favorise une diffusion rapide des innovations au sein des communautés rurales.

Former pour multiplier les changements

En tant que multiplicateur, YENE Zacharie ne se contente pas de produire. Sa mission consiste surtout à transmettre. Chaque producteur formé devient à son tour un relais potentiel de l’agroécologie dans son village. La ferme-école fonctionne ainsi comme un véritable incubateur de compétences, où les connaissances circulent de manière horizontale entre agriculteurs. Cette dynamique contribue à renforcer les capacités locales et à accélérer l’adoption de pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement.

L’expérience de YENE Zacharie illustre concrètement l’impact du Pôle de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique Centrale (PCAC). En accompagnant des producteurs capables de devenir des formateurs de proximité, le projet favorise une diffusion durable des innovations agroécologiques bien au-delà des bénéficiaires directs.

À Mvog-Eboa, la ferme-école est désormais reconnue comme un espace où l’on vient chercher des réponses concrètes aux défis agricoles : améliorer la fertilité des sols, réduire les coûts de production, limiter l’utilisation des intrants chimiques et produire dans le respect de l’environnement.

L’initiative démontre qu’une formation peut devenir le point de départ d’une transformation durable lorsqu’elle est portée par des producteurs engagés. En ouvrant les portes de sa ferme aux communautés, YENE Zacharie prouve que le meilleur moyen de promouvoir l’agroécologie reste encore de la faire vivre au quotidien, sur le terrain, au plus près des réalités des producteurs.

vue extérieure de la ferme
vue extérieure de la ferme
marguerite MOMHA
Author: marguerite MOMHA

Je suis passionnée par la création de reportages percutants. De la recherche d'informations à la réalisation d'interviews captivantes, chaque étape est un défi stimulant. J'aime particulièrement l'art de la photographie et son pouvoir de raconter des histoires. L'écriture journalistique me permet de donner une voix aux sujets importants. Explorer de nouveaux horizons et partager des expériences humaines authentiques est ma vocation

Le « Blog Afrique sur l’Agroécologie » (Agroecology Africa Blog) présente des pratiques agricoles durables et des solutions biologiques spécialement conçues pour les agriculteur.rice.s africain.e.s. Il traite de problématiques spécifiques telles que la santé des sols, la protection des cultures, la conservation de l’eau et bien d’autres encore, à l’aide de méthodes pratiques.
 
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