Après un premier atelier de réflexion organisé le 19 février 2026 à Mbankomo, les acteurs de l’agroécologie camerounaise se sont retrouvés dans la même cité le 1er juin pour une seconde session. Objectif : amender, corriger et adopter le projet de feuille de route de la Stratégie nationale de l’agroécologie proposé par le consultant.
L’enjeu est de taille pour un pays qui a officialisé son engagement dès 2022 en faveur de la transition agroécologique mais qui peine encore à structurer ses initiatives locales.
Ils étaient trente-cinq, ce lundi 1er juin 2026 à Mbankomo, sur invitation du Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD), dans le cadre du projet Centre de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique (CCAB) financé par la Coopération Allemande. L’atelier a réuni des représentants des administrations sectorielles, des membres de la société civile, des experts du Pôle de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique Centrale (PCAC), et quelques représentants des partenaires techniques et financiers.
Tous autour d’un même objectif : amender et adopter le projet de feuille de route de la Stratégie nationale de l’agroécologie au Cameroun. L’exercice, technique en apparence, touche pourtant au cœur d’un paradoxe national. Car si le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (MINADER) a officialisé son engagement pour une agriculture résiliente dès 2022, et signé une convention ambitieuse avec le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD) en décembre 2023, le pays ne dispose toujours pas d’un cadre stratégique réglementaire.
Les initiatives locales portées par le Réseau pour la Promotion de l’Agroécologie au Cameroun (REPAC) et plusieurs coopératives paysannes ont prouvé leur efficacité sur le terrain. Mais faute de pilotage central, leurs actions manquent de coordination et peinent à mobiliser les financements nécessaires. L’atelier de Mbankomo, deuxième du genre après celui du 19 février 2026, devait donc accoucher d’un document clarifié, avant sa transmission au MINADER pour validation officielle.
Après une présentation du plan de rédaction par le consultant, une synthèse du document proposé, puis des travaux en groupes pour la relecture et les amendements, la mise en commun a permis d’aboutir à une copie amendée de la feuille de route.
La feuille de route appartient au MINADER
Simon Alain Messi, Directeur des organisations professionnelles agricoles (DOPA) au MINADER, a relevé que : « La feuille de route élaborée doit passer par le MINADER pour être validée correctement. Et la suite du travail de mise en œuvre devra être confiée à un cabinet.» Le Directeur adjoint de l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC) a appuyé le clou : « Le cabinet aura pour rôle d’accompagner l’élaboration de la Stratégie nationale de l’agroécologie et non pas le contraire.»
Pour le SAILD, qui travaille spécifiquement sur le plaidoyer dans le cadre de la convention MINADER-SAILD, cet atelier représentait une étape décisive pour asseoir un cadre formel orientant les politiques publiques. Les partenaires techniques et financiers présents ont salué la dynamique participative, tandis que les représentants de la société civile ont insisté sur la nécessité d’une déclinaison opérationnelle rapide sur le terrain, avec des moyens adaptés et un suivi-évaluation inclusif. Reste désormais une étape décisive : la validation officielle par le MINADER.
Jean Kana


