À Soa, les experts du Groupe de travail Certification Biologique/Cameroon Organic Agriculture Movement (COAM) ont conduit un atelier stratégique réunissant les membres du Réseau de Promotion de l’Agroécologie au Cameroun (REPAC). Au cœur des échanges : enrichir le décret d’application de la loi sur l’agriculture biologique et faire de ce nouveau cadre juridique un véritable levier de la transition agroécologique au Cameroun.
Sept mois après la promulgation de la loi sur l’agriculture biologique, les acteurs de la filière ont continué leur mobilisation pour garantir une mise en œuvre efficace de ce texte historique. Si cette loi traduit la volonté de l’État du Cameroun de promouvoir une agriculture respectueuse de l’environnement et de la santé des consommateurs, elle soulève également plusieurs questions techniques relatives à son application.
Conscient de ces enjeux, le Groupe de travail Certification biologique/COAM a animé un atelier de réflexion réunissant les membres du Réseau de Promotion de l’Agroécologie au Cameroun (REPAC) . Cette rencontre de haut niveau avait pour ambition d’analyser en profondeur les dispositions de la loi et de formuler des propositions destinées à renforcer son futur décret d’application.
Le Groupe de travail « Certification biologique » du COAM au cœur des échanges
Tout au long de la journée, les travaux ont été conduits par le Groupe de travail Certification biologique/COAM, instance technique chargée des questions relatives aux normes, aux systèmes de certification et à la crédibilité de l’agriculture biologique au Cameroun.
Grâce à son expertise, le groupe a facilité une lecture méthodique de la loi, article par article, en orientant les débats sur les principaux défis liés à sa mise en œuvre. Cette technique d’animation a permis aux participants d’identifier les insuffisances du texte, de clarifier certaines dispositions et de proposer des améliorations concrètes adaptées aux réalités des producteurs et des opérateurs de la filière biologique.
Les échanges ont notamment porté sur les mécanismes de certification, les modalités de contrôle, la reconnaissance des différents systèmes de garantie, ainsi que les conditions nécessaires pour assurer la crédibilité des produits biologiques sur les marchés nationaux et internationaux.
Faire converger agriculture biologique et agroécologie
Au-delà des aspects réglementaires, les discussions ont mis en évidence la nécessité d’établir une articulation plus forte entre agriculture biologique et agroécologie.
Pour les membres du REPAC, une agriculture biologique performante ne savent pas se limiter à l’exclusion des intrants chimiques de synthèse. Elle doit également intégrer des principes fondamentaux tels que la restauration de la fertilité des sols, la préservation de la biodiversité, la valorisation des savoirs locaux, la résilience face aux changements climatiques, la souveraineté alimentaire et le renforcement des exploitations familiales.
Le Groupe de travail Certification biologique/COAM a ainsi guidé les participants dans la formulation de recommandations visant à inscrire ces dimensions dans le futur décret d’application.
Les travaux ont permis d’élaborer une série de propositions techniques destinées à enrichir le dispositif réglementaire. Les participants ont travaillé à la formulation d’amendements portant notamment sur les mécanismes de certification, l’accompagnement des producteurs, la gouvernance du secteur et les modalités de contrôle.
Une attention particulière a été accordée à la reconnaissance des initiatives locales déjà engagées dans la promotion de l’agriculture biologique et de l’agroécologie, afin que le futur cadre réglementaire réponde aux réalités du terrain.
L’atelier a également abouti à l’élaboration d’une position commune du REPAC sur les relations entre agriculture biologique et agroécologie. Cette contribution alimentera une note d’information de plaidoyer destinée aux décideurs publics dans le cadre de la finalisation du décret d’application.
Une expertise au service des politiques publiques
À travers l’animation de cet atelier, le Groupe de travail Certification biologique/COAM confirme son rôle de référence technique dans le développement de l’agriculture biologique au Cameroun. En mettant son expertise au service du dialogue entre les organisations de la société civile, les producteurs et les pouvoirs publics, il contribue à la construction d’un cadre réglementaire crédible, inclusif et conforme aux normes internationales.
Cette démarche traduit également la volonté du COAM de faire de la certification non seulement un mécanisme de contrôle, mais aussi un outil de valorisation des producteurs engagés dans des pratiques agricoles durables.
À l’heure où les enjeux liés à la sécurité alimentaire, aux changements climatiques et à la préservation des ressources naturelles s’intensifient, les participants ont rappelé que la réussite de la loi dépendra de la qualité de son application.
En prenant l’initiative d’animer cette réflexion stratégique, le Groupe de travail « Certification biologique » du COAM démontre que l’expertise technique et le dialogue entre les acteurs constituant des conditions essentielles pour bâtir une agriculture biologique crédible, compétitive et accessible aux producteurs camerounais.
La loi sur l’agriculture biologique marque une avancée majeure. Son décret d’application devra désormais traduire cette ambition en actions concrètes, afin de faire de l’agriculture biologique et de l’agroécologie des piliers d’un développement agricole durable au Cameroun.
Author: marguerite MOMHA
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