À Fokoué, les producteurs participent à une formation pratique qui leur permet de maîtriser concrètement les techniques agroécologiques : fabrication de compost, semis de cultures biologiques et distribution de semences certifiées.
Dans cette localité de l’Ouest Cameroun, l’agroécologie prend racine de manière concrète. À travers une session de formation pratique organisée récemment, des producteurs ont pu expérimenter des techniques durables, alliant fertilité des sols, semences biologiques et diversification des cultures.
Au cœur de cette journée, une activité phare : la fabrication de 200 kilogrammes de compost de 21 jours, un fertilisant naturel reconnu pour sa rapidité de production et son efficacité. Guidés par les formateurs, les participants ont appris à transformer des matières organiques locales en un amendement riche, capable d’améliorer significativement la qualité des sols.
« Nous ne faisons pas que parler, nous pratiquons directement. Cela nous permet de mieux comprendre et d’appliquer chez nous », confie un producteur présent à la formation.
Des champs-écoles pour apprendre en pratiquant
Au-delà de la fabrication du compost, la formation s’est poursuivie sur le terrain avec des activités de semis. Les producteurs ont ainsi procédé à la mise en culture de riz biologique et de macabo, illustrant concrètement les principes de l’agriculture biologique. Cette approche, basée sur le « apprendre en faisant », vise à renforcer les capacités des producteurs tout en favorisant une adoption rapide des pratiques agroécologiques.
Moment fort de la session : la distribution de semences biologiques aux participants. Du maïs bio et du melon certifié ont été remis aux producteurs, leur permettant de démarrer ou de renforcer leurs exploitations avec des entrants de qualité.
« Avoir accès à des semences certifiées est une grande opportunité pour nous. Cela garantit une meilleure production », souligne une participante.
L’initiative ne s’arrête pas à cette première séance. Une nouvelle étape est déjà prévue le 06 mai 2026, avec un programme tout aussi pratique. Les producteurs travailleront cette fois sur la mise en place de cultures maraîchères, notamment les carottes, les choux et les betteraves biologiques.
Ces cultures seront proposées en utilisant le compost de 21 jours produit lors de la session précédente, créant ainsi une continuité logique entre les apprentissages et leur application.
À Fokoué, cette formation illustre une tendance de fond : celle d’une agriculture qui mise de plus en plus sur les ressources locales, la réduction des intrants chimiques et l’autonomie des producteurs.
En combinant savoir-faire pratique, accès aux semences de qualité et accompagnement technique, ces initiatives contribuent à bâtir des systèmes agricoles plus résilients et plus durables. Dans les champs comme dans les esprits, le changement est en marche. Et à Fokoué, il se cultive déjà au quotidien.
Marguerite MOMHA

