On entend de plus en plus parler de permaculture au Cameroun, mais sans trop savoir ce que cela signifie. Est-ce, une tout autre manière de pratiquer l’agriculture ? Contraction anglo-saxonne de « permanent » et de « culture », la permaculture n’est pas seulement une nouvelle pratique culturale. Elle se revendique comme une démarche éthique, qui préserve le capital naturel (eau, sol, biodiversité) et qui garantit une activité viable pour les agriculteurs. La permaculture a pour vocation d’atteindre une efficacité énergétique maximale dans les modes de production, de commercialisation et de réutilisation des déchets. Elle a pour base l’agriculture biologique, mais tout le système de production est remis en question, et pas uniquement l’usage des engrais ou des produits de protection des plantes. Elle inclut la gestion de la forêt, des haies, le développement de la polyculture, des associations culturales et horticoles mais aussi la présence des animaux. L’objectif est l’autonomie alimentaire et la production raisonnée, avec une rémunération suffisante de l’agriculteur.

Pour autant, cet objectif est-il atteint ? La permaculture a d’abord été testée sur de petites parcelles, par des jardiniers amateurs ou des petits producteurs. L’idée est d’organiser la parcelle par rapport aux besoins, à la disponibilité en eau, à l’environnement proche, pour installer les conditions optimales de production. Finies les rangées linéaires de poireaux et de carottes ! Les cultures peuvent être installées en rond ou suivre des courbes de niveaux, associées à des arbres et des animaux… Le jardin ou l’unité de production est donc pensé « à la carte » en amont de sa création et la permaculture recueille de plus en plus d’adeptes chez les producteurs.
Ensuite, la permaculture a gagné de plus grandes surfaces. En 2025, un jeune agronome ESSOME Pierre, multiplicateur et porteur de micro intervention accompagné par INADES-Formation Cameroun dans le cadre du projet PCAC lance le projet « Mise en place d’un système de permaculture avec l’utilisation d’un intrant biologique : cas du poivron » pour soutenir le développement de l’agroécologie dans son quartier.
Cette tendance est encouragée par les organisations locales qui travaillent à promouvoir les pratiques agricoles durables et à renforcer les capacités des agriculteurs camerounais.
Mon cheminement vers la permaculture
Mes grands-parents et mes oncles et tantes étant agriculteurs, j’ai passé une bonne partie de mon enfance à la campagne, des vacances joyeuses les pieds dans les bottes, entre moisson, traite des vaches et cabanes dans la paille avec mes cousines a-t-il martelé. Avant de poursuivre J’ai vécu trois ans face à un champ, j’ai vu comment la terre était maltraitée, labourée par des engins toujours plus gros (et chers), j’ai vu ce champ de pommes de terre aspergé chaque semaine par ces produits nauséabonds, ce champ de blé où le moindre coquelicot était asphyxié, cette course au rendement pour pouvoir renflouer les dettes de ces agriculteurs aveuglés …Et puis un jour, j’ai découvert la permaculture, au travers d’une vidéo. Une autre forme d’agriculture était donc viable et rentable, sans chimie ni pétrole, je retrouvais la saveur de mon enfance ! J’ai donc emmené toute ma famille à regarder cette vidéo qui a changé nos vies.
Author: marguerite MOMHA
Je suis passionnée par la création de reportages percutants. De la recherche d'informations à la réalisation d'interviews captivantes, chaque étape est un défi stimulant. J'aime particulièrement l'art de la photographie et son pouvoir de raconter des histoires. L'écriture journalistique me permet de donner une voix aux sujets importants. Explorer de nouveaux horizons et partager des expériences humaines authentiques est ma vocation.

