Prévenir certaines maladies, limiter les dépenses et valoriser les ressources végétales locales : le Bokassa Grass ouvre une piste intéressante pour les petits éleveurs de volailles. Cette plante tropicale est notamment utilisée comme vermifuge, insecticide et cicatrisant naturel.
Dans les élevages familiaux, la santé des poules constitue l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les producteurs. Les maladies et les parasites peuvent rapidement réduire les effets, affecter la productivité et alourdir les charges liées aux traitements. Face à cette situation, la valorisation des ressources végétales disponibles localement apparaît comme une piste à explorer.
C’est dans cette perspective que le Bokassa Grass est présenté par le Cercle international pour la promotion de la création (CIPCRE) comme une plante pouvant contribuer à la prévention et au traitement de certaines affections chez les poules.
Le Bokassa Grass est décrit comme une plante vivace, herbacée et ligneuse, à croissance rapide. Elle peut former des fourrés denses et atteindre jusqu’à deux mètres de hauteur. Considérée dans certaines régions tropicales comme une mauvaise herbe des cultures pérennes, elle présente toutefois un intérêt pour l’élevage avicole.
Selon la fiche technique, la plante est particulièrement accessible en raison de sa capacité à pousser rapidement et de sa disponibilité dans l’environnement. Cette caractéristique constitue un avantage pour les petits producteurs qui recherchent des solutions peu coûteuses et facilement reproductibles.
Une préparation simple pour l’eau de boisson
L’une des utilisations proposées consiste à préparer une solution à partir des feuilles fraîches. La fiche recommande de piler deux grandes poignées de feuilles fraîches et de les mélanger dans cinq litres d’eau. Cette préparation est ensuite utilisée comme eau de boisson.
La fiche attribue à cette préparation des fonctions préventives et curatives, notamment contre certains parasites. Elle indique également son utilisation jusqu’à l’arrêt de la diarrhée ou trois à quatre fois par semaine pendant une période d’épidémie de maladie de Newcastle. Pour les traitements directs, quelques gouttes du jus obtenu à partir des feuilles peuvent, selon la fiche, être administrées dans le bec de la poule.
L’intérêt du Bokassa Grass ne se limiterait pas aux problèmes digestifs ou parasitaires. La fiche technique présente également une utilisation pour le traitement des blessures. Les parties aériennes de la plante sont pilées afin d’en extraire le jus. Celui-ci est ensuite appliqué localement sur la blessure, avec pour objectif de contribuer à stopper la chute et à favoriser la cicatrisation.
Cette polyvalence explique l’intérêt porté à cette ressource végétale dans les systèmes d’élevage qui cherchent à mieux valoriser les ressources disponibles sur l’exploitation.
Le Bokassa Grass est également présenté comme pouvant contribuer à l’amélioration de la productivité et de la fertilité des œufs. La fiche recommande, dans cette perspective, d’ajouter deux cuillères à soupe de poudre de feuilles de Bokassa Grass à un kilogramme d’aliment pour poulet. Au-delà du traitement des maladies, cette approche met donc en avant une vision plus globale de la santé animale : prévention, alimentation, suivi de l’état des animaux et utilisation raisonnée des ressources naturelles.
L’un des principaux avantages mis en avant est économique. La disponibilité de l’herbe Bokassa pourrait contribuer à réduire certains coûts liés à l’achat de produits commerciaux. La fiche lui attribue également plusieurs fonctions : vermifuge, insecticide et agent cicatrisant. Cependant, cette solution naturelle ne doit pas être présentée comme un substitut automatique aux soins vétérinaires. La fiche elle-même appelle à la prudence : la rémanence et la permission du produit ne sont pas encore établies et ultérieurement de recherches. Elle recommande également de respecter les doses indiquées, de maintenir une bonne hygiène lors de la préparation et de surveiller continuellement les effets sur les poules.
Cette précaution est particulièrement importante lorsqu’il s’agit de maladies contagieuses ou graves. L’utilisation de préparations végétales doit s’inscrire dans une démarche globale de prévention sanitaire comprenant notamment l’hygiène, la bonne alimentation et le suivi vétérinaire lorsque cela est nécessaire.
L’agroécologie jusque dans les poulaillers
La valorisation du Bokassa Grass illustre ainsi une logique chère à l’agroécologie : transformer une ressource locale souvent considérée comme stratégique en une ressource utile à la production. Pour les petits élévations, l’enjeu est double : réduire autant que possible la dépendance à des intrants et renforcer l’autonomie de l’exploitation. Mais cette autonomie doit aller de paire avec la connaissance, le respect des doses et l’observation des animaux.
Le Bokassa Grass rappelle ainsi qu’au cœur des pratiques paysannes se trouvent parfois des ressources simples, accessibles et peu coûteuses. Leur valorisation, lorsqu’elle repose sur des pratiques maîtrisées et sur des connaissances suffisamment documentées, peut contribuer à construire une aviculture plus autonome, plus résiliente et mieux adaptée aux réalités locales.
Cliquez ici pour plus de détails : https://kcoa-africa.org/wp-content/uploads/2026/06/PreventionTraitement-des-Maladies-chez-les-Poules.pdf
Author: marguerite MOMHA
Je suis passionnée par la création de reportages percutants. De la recherche d'informations à la réalisation d'interviews captivantes, chaque étape est un défi stimulant. J'aime particulièrement l'art de la photographie et son pouvoir de raconter des histoires. L'écriture journalistique me permet de donner une voix aux sujets importants. Explorer de nouveaux horizons et partager des expériences humaines authentiques est ma vocation


