Blog Afrique sur l'Agriculture Biologique

Vers une agroécologie inclusive : promouvoir l’agriculture biologique par l’évaluation spécifiques des Besoins en formation des multiplicatrices

Atelier d'identification des besoins en formation des multiplicatrices au CPF de Mbouo Bandjoun

Date

L’agroécologie représente une approche innovante et durable de l’agriculture, particulièrement pertinente dans les contextes locaux. Promouvoir la participation des femmes dans ce domaine est essentiel pour renforcer la sécurité alimentaire et améliorer les conditions de vie, d’où l’importance d’une évaluation des besoins spécifiques des femmes pour orienter les formations et mettre en lumière les pratiques et les histoires inspirantes.

Évaluation des Besoins Spécifiques des Femmes

Avant d’élaborer des programmes de formation, il est crucial de comprendre les défis uniques auxquels les multiplicatrices font face. Ces besoins peuvent varier en fonction de plusieurs facteurs, tels que :

  • Accès aux ressources : Les femmes ont souvent un accès limité aux terres, aux semences de qualité et aux crédits.
  • Connaissances techniques : Un manque de formation sur les pratiques agricoles durables peut entraver leur productivité et leur efficacité.
  • Réseaux de soutien : Les femmes peuvent se sentir isolées et manquer de soutien communautaire.

L’évaluation des besoins doit être participative, impliquant les femmes dans le processus pour identifier leurs priorités et attentes. Cela permet de concevoir des formations adaptées qui répondent directement à leurs enjeux.

Le Centre Polyvalent de formation de Mbouo Bandjoun au Cameroun a organisé le 14 Novembre 2024 un atelier dans la localité de Penja, dédié à l’évaluation des besoins spécifiques en formation des femmes. Cet événement a rassemblé de nombreuses multiplicatrices, dont certaines venaient de communautés voisines.

L’objectif de l’atelier était de créer un espace d’échange et de partage d’expériences, permettant aux participantes d’identifier ensemble les compétences qu’elles souhaitaient acquérir pour améliorer leurs pratiques agroécologiques et renforcer leurs leaderships dans leurs communautés. Parmi elle, se trouvait NGUENG SIMONE, une multiplicatrices engagée, qui a partagé son histoire dans le but d’inspirer d’autres femmes à surmonter leurs défis.

Témoignage de NGUENG SIMONE

« Je m’appelle NGUENG SIMONE, et je suis productrice, commerçante et transformatrice de produits agricoles dans la localité de Penja. Au début de mon parcours, j’étais confrontée à de nombreux défis. En tant que femme, il était difficile de mener certaines activités, d’obtenir des terres et d’accéder à des intrants agricoles. Mais je savais que je voulais contribuer à la sécurité alimentaire de ma famille.

C’est alors que j’ai décidé de cultiver du maïs, le manioc et d’autres cultures maraichères et vivrières essentielles pour nous. Cependant, mes rendements étaient faibles, et je ne savais pas comment améliorer la qualité de mon sol qui devenait de moins en moins fertile. C’est lors d’un atelier de formation avec d’autres producteurs par le Centre polyvalent de formation de Mbouo Bandjoun que j’ai entendu parler de la technique du compostage en 21 jours. Curieuse, j’ai décidé de me lancer.

La première étape a été de collecter des matériaux. J’ai commencé à rassembler les feuilles fraîches de fleur jalousie (tithonia diversifolia), la cendre de ma cuisine et même les déjections de mes animaux. J’ai mélangé l’ensemble avec des microorganismes efficaces et après j’ai stocké dans des sacs, à un endroits frais à l’ombre. Cela m’a permis de réduire mes coûts, tout en faisant du bon compost.

Chaque jour, je vérifiais pour assurer une bonne aération. J’apprenais à écouter le sol et à comprendre quand il avait besoin d’eau. Après 21 jours, le compost était prêt. Je l’appliquais au pied de mes plants de maïs, et j’ai rapidement vu des résultats incroyables.

Mes rendements ont augmenté de manière significative. Non seulement cela a amélioré ma situation économique, mais cela a également permis de nourrir ma famille et de vendre le surplus sur le marché local. Je me suis rendu compte que je pouvais transformer ma passion pour l’agriculture en une véritable source de revenus.

Je partage mon expérience avec d’autres femmes pour leurs faire comprendre également que l’innovation et la solidarité entre femmes sont essentielles. Nous devons nous soutenir mutuellement, échanger nos connaissances et apprendre ensemble.

Aujourd’hui, je suis fière d’être une agricultrice active et une source d’inspiration pour d’autres femmes de ma communauté. Je les encourage à oser innover et à croire en leur potentiel. Nous avons les capacités de transformer nos vies et celles de nos familles grâce à l’agroécologie. »

La promotion des femmes en agroécologie nécessite une approche centrée sur leurs besoins spécifiques. Le témoignage de NGUENG SIMONE démontre qu’avec les bonnes compétences et un soutien communautaire, les femmes peuvent devenir des actrices clés de l’agriculture durable. L’évaluation des besoins des femmes est essentielle pour mettre en place des formations adaptées pour renforcer leur résilience et leur autonomie, car ensemble, elles peuvent transformer leurs communautés et contribuer à un avenir agricole plus durable et équitable.

Patrick KOM
Author: Patrick KOM

Agronome de formation et passionné par l'agroécologie. Mon parcours m'a conduit à explorer les pratiques durables et les systèmes alimentaires respectueux de l'environnement. J'aime partager mes connaissances et coconstruire des savoirs avec d'autres passionnés. pour moi, l'agriculture biologique/ agroécologie est plus qu'une passion.................................................................................................

Le « Blog Afrique sur l’Agroécologie » (Agroecology Africa Blog) présente des pratiques agricoles durables et des solutions biologiques spécialement conçues pour les agriculteur.rice.s africain.e.s. Il traite de problématiques spécifiques telles que la santé des sols, la protection des cultures, la conservation de l’eau et bien d’autres encore, à l’aide de méthodes pratiques.
 
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