En Afrique, l’agriculture constitue la principale source de revenus et d’alimentation quotidienne. Toutefois, la modernisation de ce secteur tend à orienter les producteurs vers des pratiques conventionnelles, entraînant une utilisation excessive d’intrants chimiques. Cette tendance a des conséquences néfastes tant sur la santé humaine que sur l’environnement. Face à cette situation préoccupante, de nombreux agriculteurs se tournent vers des pratiques plus durables et respectueuses de l’environnement, notamment à travers l’application de méthodes agroécologiques.
Dans ce contexte, la mobilisation des connaissances en faveur de la promotion de l’agriculture biologique et agroécologique représente un levier essentiel pour une maîtrise efficace des enjeux de production. Les communautés locales, qui détiennent des savoirs endogènes, jouent un rôle crucial dans cette démarche.
- Les défis de l’agriculture
L’agriculture fait face à plusieurs défis dont les deux (2) principaux sont : la sécurité et souveraineté alimentaire, et la préservation des ressources naturelles.
L’agriculture doit assurer la sécurité alimentaire en maintenant une production de qualité et en quantité suffisante pour nourrir le monde. Elle doit également préserver les ressources naturelles sur lesquelles elle repose et s’adapter aux changements climatiques ainsi qu’à leurs effets négatifs. Cela implique de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et de maintenir les services écosystémiques, c’est-à-dire les bénéfices que la nature procure, tels que la régulation du climat, la pollinisation des cultures et l’amélioration de la santé des sols.
- Les impacts des avancées de la recherche agricole
En Afrique, l’agriculture a toujours été pratiquée par les peuples par l’utilisation des moyens et techniques traditionnelles. Depuis la Révolution Verte des années 60, avec l’avancée de la recherche agricole, des techniques de production visant à remplacer ces moyens et techniques ont vu le jour. Les impacts de ces programmes de recherche ainsi que les cursus de formation agricoles mis en place ont notamment conduit à une dévalorisation fréquente des savoirs agricoles traditionnels.
- La valorisation des savoir endogènes
Le terme de savoir endogène se confond souvent avec les savoirs locaux, ou les savoirs traditionnels, et sa définition ne fait pas l’objet d’un consensus scientifique.
Les savoirs agricoles traditionnels ont toujours joué un rôle dans le maintien de l’équilibre des écosystèmes.
Ces savoirs, qualifiés d’endogènes, représentent pourtant des ressources territoriales potentiellement activables pour stimuler des formes d’innovation frugale en agriculture et soutenir la mise en place de systèmes dits agroécologiques.
Au Sénégal, les détenteurs des connaissances endogènes acceptent de partager leurs savoirs avec les acteurs de l’agroécologie.
Le partage de connaissances endogènes est encadré par les autorités locales. Les connaissances une fois collectées sont restituées en présence des détenteurs et des autorités locales.
La restitution des connaissances permet au détenteur de la connaissance de confirmer la connaissance qu’il a donné et y apporter des amendements mais aussi sa validation par l’ensemble de la communauté en présence des autorités locales.
Une fois validée le nom du porteur de connaissance sera mis en référence en guise de reconnaissance et droit d’auteur.
Les connaissances endogènes qui ont subi tous les processus de validation sont mises dans des formats appropriés (vidéos, fiche technique, et…) sous plusieurs langues en fonction des cibles (utilisateurs).
Au Sénégal, durant les formations de renforcement de capacité des producteurs sur les thématiques comme la gestion des ravageurs, la santé des sols, etc, ces connaissances capitalisées auprès des communautés et mis en format spécifique sont utilisées.
Cette démarche inclusive crée un climat de confiance entre les communautés et les acteurs de développement en particuliers les promoteurs de l’agroécologie et favorise l’adoption des pratiques agroécologiques dans les exploitations.
Author: Mouhamed Seck
Communicant de formation avec une expérience professionnelle de presque 10 ans, Mouhamed SECK travaille en qualité de project manager au sein de la Fédération Nationale pour l’Agriculture Biologique (FENAB). Il assure la conception, la mise en œuvre et la gestion des projets et programmes agricoles ainsi que l’élaboration des stratégies de communication pour la promotion des pratiques agroécologiques au Sénégal.

