Blog Afrique sur l'Agriculture Biologique

Emma Nguefack, ‘‘MON BIO, MA NOURRITURE’’ LE CREDO D’EMMA, PIONNIÈRE DE L’AGRIBIO À TSINKOP

Emma dans sa parcelle de Tsinkop, elle déploie un éventail de techniques agroécologiques – associations de cultures, purins, composts – pour régénérer la terre et obtenir des récoltes abondantes. Photo crédit: CPF de Mbouo

Emma dans sa parcelle de Tsinkop, elle déploie un éventail de techniques agroécologiques – associations de cultures, purins, composts – pour régénérer la terre et obtenir des récoltes abondantes. Photo crédit: CPF de Mbouo

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Face aux effets néfastes des produits chimiques et à l’appauvrissement des sols, le choix de Mme NGUEFACK Emma pour l’agriculture biologique n’a pas été difficile. Dans sa parcelle de Tsinkop, elle déploie un éventail de techniques agroécologiques – associations de cultures, purins, composts – pour régénérer la terre et obtenir des récoltes abondantes.

Ayant bénéficié de plusieurs séances de formation dans le cadre de la diffusion des produits de connaissances en agriculture biologique et en agroécologie pour la mise en œuvre des activités du PCAC dans la localité de Tsinkop par Dschang, département de la Ménoua, région de l’Ouest Cameroun, Mme NGUEFACK Emma, au regard des multiples avantages de l’AB/AE pour la santé humaine et la santé du sol, et compte tenu des effets néfastes des produits chimiques, a vu son intérêt pour les pratiques agricoles saines et durables, d’où sa conversion de productrice conventionnelle à productrice des produits agroécologiques.

L’adoption des pratiques agroécologiques

L’organisation du travail dans sa parcelle se fait suivant une planification minutieuse et selon un calendrier cultural avec des techniques agroécologiques telles que l’association intelligente des cultures qui a pour avantages d’accroître le rendement et diversifier ses produits. Aussi certaines plantes sont protectrices pour les autres grâce à leurs fortes odeurs qui sont répulsives pour les insectes nuisibles aux plantes, le paillage et les cultures de couvertures qui permettent au sol de garder son humidité en saison sèche.

En plus de l’association de cultures, comme techniques naturelles de lutte contre les insectes et les ravageurs, les purins fabriqués par elle-même sont également utilisés. Dans la même perspective, elle fabrique et utilise le compost de 21 jours, le compost de 3 mois, les divers purins, le vinaigre de cendre pour ne citer que ceux-là. La fertilisation organique étant un enjeu majeur pour elle, elle essaie de mettre sur pied un système intégré notamment avec la ferme porcine qui produit des déjections de porcs utile à la production des intrants organiques.

Une production guidée par la demande

Le choix des cultures mis en sol se fait sur la base de ses besoins de consommation propre, et sur la base des besoins de ses clients et surtout en fonction de l’adaptation de la culture dans sa zone agro écologique. Les prix des produits récoltés bien qu’imposés par le marché leur permettent tout de même de dégager une marge bénéficiaire nécessaire à leur suivi et à celle de leur exploitation.

Sa clientèle est constituée de personnes exigeantes qui font de leurs aliments leurs médicaments, et donc engagé dans la consommation des produits sains.

Le bio pour l’avenir

Le bio présente de nombreux défis, notamment logistique et financier, malgré le fait que la nature met tout à sa disposition. Dans la pratique, ses activités nécessitent un grand investissement humain, ainsi que le matériel utile à la production des intrants et purins. L’autre défi et pas des moindres, c’est l’irrigation de la parcelle en contre saison.

Ce qui la révolte le plus dans son activité, c’est le fait que l’agriculteur ne soit pas reconnu à sa juste valeur, elle aimerait que tous les efforts consentis soient reconnus par les consommateurs. Malgré cela madame Nguefack reste très optimiste pour l’avenir de l’AB/AE, la demande des produits sains étant de plus en plus croissant.

Mme NGUEFACK conseille aux jeunes qui veulent se lancer dans l’AB/AE, d’être passionnés par le métier, d’être disponibles et de faire une bonne planification des activités. Guidée au quotidien par le slogan « mon bio ma nourriture », elle aimerait que les consommateurs comprennent que le métier devrait nourrir son homme, et le bio permet de vivre longtemps et d’être en bonne santé.

marguerite MOMHA
Author: marguerite MOMHA

Je suis passionnée par la création de reportages percutants. De la recherche d'informations à la réalisation d'interviews captivantes, chaque étape est un défi stimulant. J'aime particulièrement l'art de la photographie et son pouvoir de raconter des histoires. L'écriture journalistique me permet de donner une voix aux sujets importants. Explorer de nouveaux horizons et partager des expériences humaines authentiques est ma vocation....................................................

Edité par :
Le « Blog Afrique sur l’Agroécologie » (Agroecology Africa Blog) présente des pratiques agricoles durables et des solutions biologiques spécialement conçues pour les agriculteur.rice.s africain.e.s. Il traite de problématiques spécifiques telles que la santé des sols, la protection des cultures, la conservation de l’eau et bien d’autres encore, à l’aide de méthodes pratiques.
 
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