Blog Afrique sur l'Agriculture Biologique

Odette Nganmo, la dame Piment de Fotouni

Odette Nganmo dans sa parcelle de piment. Photo crédit: CPF de Mbouo

Odette Nganmo dans sa parcelle de piment. Photo crédit: CPF de Mbouo

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À Fotouni, une révolution silencieuse pousse entre les sillons. Odette Nganmo, agricultrice bio, a fait du piment son combat. Une terre sans poison. Un pari audacieux, cultiver sans intrants chimiques.

Sous un soleil de plomb, les plants de piment bio d’Odette Nganmo dessinent une tapisserie vivante faite de vert intense, de rouge vif et jaune éclatant. Au milieu de cette profusion, une silhouette se détache, courbée sur une rangée de jeunes tiges. Odette relève la tête. Son front est recouvert de sueur, mais son sourire est franc. Depuis trois ans, elle s’est imposée comme une figure incontournable du bio dans sa localité.

« Parce que c’est assurant pour la santé », lance-t-elle, comme une évidence. Odette a grandi dans une famille d’agriculteurs, au cœur d’une terre généreuse mais peu à peu menacée par les produits chimiques. « les produits là détruisent ce qu’ils prétendent protéger », confie-t-elle.

Le piment bio, un pari qui pique

Se lancer dans la culture du piment bio ne fut pas facile. Dans une région où le rendement est roi et où la productivité attire la plupart des exploitants, son choix a suscité les haussements d’épaules. « On me disait : ton piment ne va pas pousser, ou il ne se vendra pas ! ».

Elle s’est formée au Centre Polyvalent de Formation de Mbouo Bandjoun où elle a appris à fabriquer ses propres intrants naturels à partir des éléments de son environnement et à s’adapter aux variations du climat.

L’ambassadrice et le goût de l’avenir

Aujourd’hui, Odette Nganmo est bien plus qu’une productrice. Elle est une ambassadrice. Elle participe activement aux activités du Centre de Mbouo, partage son savoir-faire, entraîne dans son sillage d’autres producteurs, souvent des femmes, séduites par cette agroécologie qui rend son autonomie à l’agriculteur. Son champ est devenu un champ école.

Son regard s’illumine quand elle évoque l’avenir. « Je suis optimiste ! Je veux que l’Etat arrête l’importation des produits chimiques. Il faut que les jeunes comprennent que le bio, c’est un bon chemin pour l’avenir. »

Son plus beau souvenir, est, confie t-elle : « Le jour où j’ai goûté à ma première récolte de piment bio. Le goût de l’aliment bio est génial ! ».

« Je suis le modèle »

Odette aime à le dire, « Je suis le modèle. » Et elle a raison. Son parcours démontre, s’il en était besoin, que le changement n’a pas besoin de grands discours ni de machines sophistiquées. Il a besoin de femmes debout, convaincues et actives.

Pour elle, l’agroécologie est sortie des bureaux, elle est arrivée au village, c’est son quotidien, l’héritage qu’elle entend laisser à ses enfants.

marguerite MOMHA
Author: marguerite MOMHA

Je suis passionnée par la création de reportages percutants. De la recherche d'informations à la réalisation d'interviews captivantes, chaque étape est un défi stimulant. J'aime particulièrement l'art de la photographie et son pouvoir de raconter des histoires. L'écriture journalistique me permet de donner une voix aux sujets importants. Explorer de nouveaux horizons et partager des expériences humaines authentiques est ma vocation....................................................

Edité par :
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